Chez Miss Kokori: Jetée, comme une chaussette pourrie!

Hello!

Je reviens pour un update de ma situation! Il faut avouer que ces dernières semaines furent des montagnes russes! 

Aux dernières news, j’annonçais avec soulagement que j’avais trouvé un travail. Aujourd’hui, j’annonce – avec une pointe de soulagement également – que je n’en ai plus! 

L’embauche a été aussi rapide que le fait de se faire remercier!

2 semaines et demi d’échanges téléphoniques, physiques, courriels pour aboutir à une signature. On se laisse porter par le flot, on a une proposition de contrat en CDI, on a un salaire sympa, on est pas loin de chez soi, on reste dans notre domaine: BINGO! D’accord, il y a des questions qui ont eu des réponses évasives, il y a des points négatifs que l’on a remarqué mais, on ne va pas faire la fine bouche! Et puis, il faut saisir les occasions quand elles se présentent!

Trois semaines plus tard – allez, quatre semaines plus tard – on met fin à ma période d’essai pour la pire excuse:… Je vous raconte tout ça rapidement en 3 chapitres!

Chapitre I: Première semaine 

Immersion

Bonjour!

Je suis fraîche, souriante, aimable. En mode nouvelle arrivante, j’observe l’ambiance, j’écoute sans être trop indiscrète. Je me fais petite. 

Je me munie de mon stylo et de mon cahier, prête à gribouiller toutes les informations possibles pour en assimiler un max! Bon, je ne comprends pas bien tout ce que me raconte ma boss, elle parle vite, s’éparpille et ne m’explique pas clairement quelles actions amènent quels résultats. Il y a des nouvelles missions que je n’ai jamais vu dans mes anciennes expériences donc, c’est cool je vais pouvoir apprendre. Je suis aussi là, pour ça. 

Elle enchaîne et me parle de toute une liste de documents qui, apparemment, me serviront de base de travail. Par contre, je ne comprends pas bien comment les utiliser pour l’instant. Est-il possible de m’en dire plus svp? pensais-je. Elle m’évoque des noms de personnes dans l’entreprise mais, je ne connais pas leur fonction. Elle débite, pas moyen d’en placer une! Je sors de mon état de confusion par un soudain « C’est clair pour vous? ». Je réponds hésitante: « Cela a l’air clair ». Je ne sais pas pourquoi j’ai répondu ça au tac au tac. Sans doute parce que je voyais bien qu’elle avait peu de temps et qu’elle enchaînait. Et puis, une fois lancée, ces informations me parleront sans doute plus? 

Connaissance avec la base de données

Je reprends en main une gamme de produits. Pour cela, je dois identifier certains modèles. Je découvre la base de données: plus de 5000 références stockées. Aucun visuel, données manquantes, mise à jour… pas à jour! Je sens que ça va être galère. Je me lance! 

Je prends la feuille physique où est répertoriée mes articles. J’ai une photo et une désignation. Bon, comme je n’ai pas de photos sur la base, je vais me repérer avec le nom. Merde! Les désignations ne sont pas pareils! J’ai un code c’est bien, mais pas sur ma feuille. PUTAIN! Je vais m’arracher les cheveux! 

« Excusez-moi, c’est un peu compliqué pour trouver les produits parce que les infos ne sont pas identiques. Est-il possible de modifier les désignations sur la base s’il n’y a pas d’impact commercial? » dis-je. « Non! » Tiens, c’est catégorique ça. « Vous cherchez! C’est facile! Un chouchou c’est un chouchou! » crie-t-elle, impatiente. Euh… moi, je vois « chouchou noir », « chouchou assorti », « chouchou avec pampilles, « Chouchou prix 1 – et prix 2″… Lequel est le bon? Je sue pour trouver les infos qui sont dans le sous-dossier, du sous-dossier, du dossier… Et, je serre les fesses parce que je me sens super lente à jongler entre les bonnes et mauvaises infos. Mais, c’est pas grave! On y va!

Outlook

 « Excusez-moi, Outlook n’est pas installé sur l’ordinateur. » On me fournit une tablette. D’accord, je dois envoyer mes mails de là. Par contre, je ne les reçois pas automatiquement parce que je dois décocher l’envoi et réception sinon ça plante le réseau. Par conséquent, je dois penser à rafraîchir quand je suis concentrée sur autre chose sur mon poste. Je prends le pli de lire mes mails, préparer mes réponses sur l’ordi, enregistrer le fichier sur le serveur, prendre la tablette, ouvrir le fichier et faire des copier/coller… C’est fou comment on gagne en efficacité ici! 

Première réunion hebdomadaire

Pas d’explication. Je suis là, au milieu de tous. J’écoute, j’observe, j’essaie de comprendre. Je prends des notes. Je suis sensée m’occuper d’une partie de la réunion à partir de la semaine suivante. L’après-midi, je suis soulagée et rassurée. Ma future binôme m’attrape en catimini pour me donner les détails et le but de cette réunion. Alléluia!

Cela se corse! Elle me demande quelque chose que je n’ai jamais fait: analyse de statistiques, création de tableaux avec données et comparaison de chiffres, prévisions de ventes… Excusez-moi! Pourrais-je avoir des explications plus précises s’il vous plait? Au secours! Je n’ai pas une formation dans ce domaine, et vous ne l’avez pas évoqué à l’entretien!  Où dois-je trouver les infos? Sur quelle base de données? Comment calculer? J’ai besoin d’apprendre! Qui peut m’apprendre? Elle a dû mal lire l’entête de mon cv! Ce n’était pas écrit logisticienne, statisticienne, ni gestionnaire de stocks/réappro pourtant! OK, c’est pas grave, ça fait parti des tâches de la boîte, je vais m’adapter. Je vais lui poser des questions! En plus, quand on est nouvelle, c’est bien comme démarche! Cela montre l’envie d’apprendre, de comprendre et notre curiosité! … Petite douche froide: elle n’a pas l’air très open! Elle crie et j’ai l’impression de l’exaspérer. Je vais essayer de le faire avec le peu d’infos qu’elle m’a balancé à tue-tête. J’aurais bien posée la question avec les personnes qui font le même métier que moi mais, je suis isolée dans un service qui ne connait pas le métier…  C’est pas grave! Dimanche, je m’entraîne avec des données fictifs. J’en profiterai également pour mettre à plat toutes les infos accumulées. Comme ça, je commencerai une nouvelle semaine plus opérationnelle que la précédente. Bon week-end!

Chapitre II: Deuxième semaine

Je suis au taquet, reboostée par ce dimanche après-midi productif! Hop! Hop! J’utilise la formule qu’elle m’a dit, je monte le tableau, je fais les calculs. Maintenant, j’aimerais vérifier ça avec elle pour savoir s’il y a des erreurs et où je peux m’améliorer. « Mais, vos chiffres ne sont pas cohérents! Vous n’avez pas tilté?? » me crie-t-elle. « Si. J’ai appliqué votre formule selon les données de cette année ». Elle a l’air encore exaspéré. Elle me hurle la formule à travers la vitre… Et je sens la pression et l’état de confusion monter. 

J’enchaîne le reste de la semaine, la boule au ventre. Comment va-t-elle encore me cuisiner? Va-t-elle à nouveau me jeter des remarques dans la figure? J’ai vraiment l’air de l’emmerder et d’être une nullissime finie! Lorsque je pose des questions, j’ai l’impression de la faire chier et elle passe plus son temps à crier, en perdant patience, que de m’expliquer posément les choses: pourquoi? comment? le résultat escompté? J’ai également remarqué qu’elle souriait aux autre mais, dès qu’elle s’adresse à moi, c’est froid dans le regard, la voix. OK, c’est peut-être normal, je suis la nouvelle et je suis en test. C’est quand même pas agréable d’avoir des remarques et d’être cassée devant les autres… Je prends sur moi, je suis en période d’essai.

Je passe mes soirées à en parler en long et en large à Poulet, à mes amies dans le même domaine que moi, mes anciens collègues. J’ai besoin d’être rassurée, je suis remplie de doutes sur moi-même et mes compétences. J’essaie de relativiser et de chasser ce sentiment.

J’ai réussi à échanger quelques mots avec celles qui font le même métier que moi mais, il faut absolument parler en anglais pour que les autres ne nous comprennent pas. J’ai des retours négatifs sur l’entreprise, le turn over important qu’on m’avait caché quand j’ai posé la question à l’entretien, leurs conseils avisés à me tirer d’ici le plus rapidement possible… Aie! Ca fait flipper! Toutefois, leurs infos sont claires, nettes et elles répondent à mes interrogations. Je suis complimentée par ma réactivité à assimiler et à comprendre le processus. Je suis soulagée.

Chapitre III: Troisième semaine

Je crois que je prends le pli. Je commence à intégrer la manière de travailler, le rôle de certaines personnes dans l’entreprise et à mieux comprendre la manière dont ma patronne travaille. Ou du moins, quand j’exécute une tâche, je récapitule rigoureusement  par mail avec des « OK ». Je me suis aussi rapprochée des personnes de mon « vrai » service. Elles ont pris l’initiative de m’appeler certains soirs pour me briefer et m’expliquer – on fait comme on peut quand on ne peut pas être en contact dans l’entreprise! Une fois, je suis partie demander des infos et j’ai été rappelé à l’ordre – J’essaie d’être autonome et de ne pas attendre que ma boss ait à me relancer par rapport ses demandes. J’essaie de le faire par moi-même puis, je fais valider par la personne que je vais remplacer. Cela me permet de savoir si je suis sur la bonne voie pour les prochaines fois. Et, entre nous, à force de se faire crier dessus sans avoir d’explication, et par conséquent, d’enchaîner des allers retours, on a pas trop envie de demander quelque chose… C’est quand même foutrement mal parti!

Cette semaine, après la énième fois où elle a crié – parce qu’elle passe clairement ses journées à s’époumoner – :j’ai eu une révélation: je vais arrêter de stresser! J’ai fui un patron qui faisait des remarques personnelles et professionnelles désobligeantes, je ne vais pas me laisser enterrer moralement par un nouvel employeur. Mes poils s’hérissent,  mon regard devient froid et, je ne manque pas une occasion pour me justifier quand je suis accusée à tort. J’ai cette capacité à prendre très vite du recul. Sûrement un bon moyen d’auto protection.

Chapitre IV: Quatrième semaine et THE last! 

Ce début de semaine commence calmement. J’en suis même surprise. Elle a arrêté de crier et, je suis limite invisible. Je continue mes projets, je la mets en copie et je réponds à ses mails. Elle a l’air occupé et elle préfère sûrement communiquer ainsi alors qu’elle se trouve juste derrière la vitre.

Milieu de semaine, je n’ai toujours pas de nouvelles tâches. J’en profite alors pour mettre tout à plat et au carré: les projets en cours, la nouvelle gamme de produits que je vais prendre en charge, propositions de réappro… – Tiens, elle m’avait même crié dessus pour ne pas me préoccuper de ça – Le lendemain, elle me demande en détails ce que j’ai fait de la journée -parce qu’elle était absente –. Après lui avoir énuméré mes tâches, elle me répond: « C’est tout ce que vous avez fait? » Vous ne m’avez pas donné de missions supplémentaires depuis… ai-je envie de lui dire. Le même jour, je lui balance MA proposition que j’avais préparé la veille en lui stipulant une anomalie observée. « Qu’en pensez-vous? » finis-je mon mail. Pas de news. Le lendemain, je lui exprime clairement que je reste à sa disposition. Pas de news. Le jeudi, un scandale explose: la 2e patronne à insulter une employée de « conne »… Mais, où suis-je tombée? La matinée du jour fatidique, je mène rondement ma première réunion hebdomadaire. Pas de remarque désobligeante et un sourire de la personne que je vais remplacer. Elle m’a même félicité en me disant: « c’était parfait! ». Je suis contente! Ma journée se déroule sans encombre et sans difficulté puisque ma patronne m’a donné de la saisie à faire.

En fin de journée, je suis convoquée. J’attrape mon stylo et mon cahier pour prendre des notes – si j’avais su de quoi il s’agissait, j’aurais laissé tout ça à sa place – Surprise! Elle m’annonce qu’on ne me garde pas pour une seule et unique raison: « Vous n’êtes pas assez à l’aise sur Excel ». PARDON?? On en avait parlé à l’entretien. En plus, vous ne m’avez rien expliqué! Vous m’avez jeté au charbon en me laissant deviner seule les formules de calcul! Je ne parle pas des « =somme » ou « =moyenne « ou encore « =B2*B3″…. Non, je parle des formules de calculs plus complexes liées a des analyses de stocks, de réappro, de ventes, de prévision de ventes, d’évolution selon x années sur x articles, de statistiques…. Hey! Oh! Je n’ai pas une formation de base sur ça, et je n’ai même pas le temps d’apprendre? Avez-vous lu mon cv? J’ai une formation sur l’import/export, les langues, le commerce international! Je vous rappelle que vous m’avez embauché pour être ACHETEUSE! Et, je n’ai même pas encore abordé cette phase! « J’ai besoin de quelqu’un d’autonome et opérationnel. Un rouleau compresseur » rajoute-elle. En 3 semaines? Sérieusement? Mais pourquoi donc avoir une période d’essai de 2 mois, renouvelable alors? A quoi ça sert? 

J’encaisse. Perplexe, surprise, confuse, déçue. Je trouve ça injustifié, rapide, incompréhensible. Un sentiment d’échec, de ne pas avoir été à la hauteur.  Où est-ce que j’ai merdé? Peut-être que j’aurais dû être plus comme ça ou comme ça? J’essaie de relativiser en me disant qu’en 3 semaines, c’est impossible de faire ses preuves. La pilule est encore coincée dans la gorge et tous les jours depuis, je l’avale un peu plus jusqu’au jour où elle disparaîtra. Maintenant,  je me dis que l’entreprise a dû mal définir ses besoins et sa phase de formation est gravement à revoir.

C’est sûrement un mal pour un bien et, j’en reste convaincue!

Aujourd’hui, je suis à nouveau en vacances et, en recherche d’emploi! Mais, regardons le bon côté des choses: je peux cuisiner, mater des films, m’entraîner sur photoshop et illustrator et surtout, alimenter à nouveau mon blog!

Keep faith

Miss Kokori

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11 réflexions sur “Chez Miss Kokori: Jetée, comme une chaussette pourrie!

  1. outch … t’as un mental d’acier, j’aurais craqué rapidement et j’aurais moi même mis fin au contrat je pense. Elle ne sait pas ce qu’elle perd ❤ et je lui envoie toutes mes ondes négatives ( et tu sais que j'en ai ces temps-ci ;D )

    Aimé par 1 personne

    1. Ah ah! Oui, je sais que t’en as à revendre! Mental d’acier je sais pas, mais hier j’ai rêvé d’elle! Genre que je me faisais gueuler dessus pour je ne sais plus quelle raison! Flippant de rêver de ça!

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  2. euh franchement c’est quoi cette boîte pourrie et cette « conne », tu aurais été malheureuse et c’est du harcèlement de petit chefaillon de merde, je suis outrée par ce que tu viens de vivre. Gros bisous

    Aimé par 1 personne

      1. mais oui malheureusement, des sociopathes dans les entreprises il y en a pleins et vu la conjoncture ils en profitent pour exercer un véritable chantage à l’emploi. Quand on a le »choix » il ne faut pas hésiter à les envoyer valser, aucun boulot ne mérite qu’on se rende malheureux et crois moi je sais de quoi je parle

        Aimé par 1 personne

      2. Quand au bout de 2 semaines elle m’a dit « ça va être compliqué de travailler ensemble », je me suis vraiment dit qu’elle se foutait de ma gueule. Ma pression est retombée d’un coup et là, je me suis clairement dit que je ferai ce que je peux. Et par conséquent, si elle n’est pas satisfaite, elle ne me garderait pas. Bon c’est ce qui a été le cas et ça reflète le management de l’entreprise. Les personnes du service achat m’avait prévenu dès la 1er semaine: cours! va-t-en! barres toi d’ici! … Et j’avais bel et bien senti dès la première semaine que quelque chose clochait. Je sais que c’est mieux ainsi mais, l’égo en prend un coup!

        Aimé par 1 personne

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